L’abbaye de Saint-Maurin

La fondation de l’abbaye bénédictine de Saint-Maurin est liée à la légende du martyr Maurin qui serait venu, en portant sa tête coupée, expirer en ce lieu au VIè siècle. Son tombeau fut visité par les foules et des miracles se produisirent. Une première église fut élevée sur sa sépulture. Certains manuscrits prouvent qu’un monastère existait avant l’an mil. Restaurée au XIè siècle, elle fût donnée à l’abbé de Moissac qui l’affilia à l’ordre bénédictin de Cluny. Elle fut consacrée le 3 janvier 1097. Dans la voûte du chœur restent six chapiteaux dont deux racontent l’histoire de la décollation et de la céphalophorie de Saint-Maurin.

Au XIIIè siècle le domaine de l’abbaye devint très important. Mais la guerre de Cent Ans eut des conséquences funestes pour l’abbaye de Saint-Maurin et ses bâtiments.  Prise et pillée en 1345 par les anglais, ruinée et brûlée en 1356 par l’armée du Prince Noir, elle végéta pendant près d’un siècle.

A la fin du  XVè  siècle, elle tomba en commende au profit de la famille de Lustrac qui fit construire le château abbatial en 1500, de style gothique, en pierres de taille. Le cloître fut restauré et les bâtiments conventuels furent construits. En 1561, les huguenots pillèrent et brûlèrent l’église abbatiale.

Pendant les guerres de religion, catholiques et protestants occupèrent tour à tour l’abbaye. Il n’y eut aucun religieux pendant cette période. L’abbé Pierre de Villemon (1604-1633) les fit revenir, la restauration de l’abbatiale commença et elle fut terminée qu’en 1645. Elle prospéra pendant tout le XVIIIè siècle.

A la Révolution, il ne restait que quatre moines, le dernier abbé Joseph de Galard de Saldebru se sauva à Bordeaux, mais il fut reconnu et guillotiné en 1794.

Les bâtiments de l’abbaye furent vendus comme bien national en 1796, certains devinrent municipaux, d’autres servirent de carrières de pierres.